Manifeste des catholiques exédés


Au nom de tous les miens
Harcèlement médiatique et attaques politiques
Falsification du mariage et destruction de la famille
Profanations des églises : des persécutions passées sous silence
Une école contre nos valeurs
Pourquoi la société gagnerait à nous respecter
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Nous ne sommes que peu de chose. Simples fidèles d’une Église millénaire et universelle, modestes citoyens de la République française, notre parole n’a encore que peu de poids. Pourtant nous souhaitons aujourd’hui dénoncer avec pitié et fermeté les attaques incessantes dont nous sommes les victimes. Élucubrations médiatiques contre le Pape et le clergé, haine institutionnelle à l’encontre de notre foi, mépris enfin d’une caste politique dont l’ignorance de notre message dispute souvent à la vindicte contre nos opinions : rien ne nous est épargné. L’actualité, une fois encore, offre à quelques fanatiques l’opportunité de manifester leur obscurantisme invétéré. Le Saint-Père, l’enseignement catholique, les institutions héritées de la religion à l’image du mariage ou de la famille, les prêtres, les croyants, les églises enfin, forment l’immense cohorte des victimes d’un acharnement médiatique, politique et moral.

Dans sa course effrénée vers l’abîme, notre société veut s’offrir une victime expiatoire : Rome, son pasteur, et les Français qui lui obéissent. La foi des chrétiens fait scandale, car elle empêche de tourner en rond, elle est un signe de radicalité quand le compromis et la mollesse libertaires règnent sans partage. Les catholiques doivent porter leur croix, sans doute, mais ils ne peuvent pas accepter les extrémités vulgaires qui les ciblent désormais. Car nous sommes des catholiques, oui, mais aussi des Français ! Par ce texte, nous voulons montrer combien le traitement qui nous est réservé est criant d’injustice, de bêtise et surtout de sectarisme.

Au nom de tous les miens

Charles de Meyer (Nouvel Arbitre)

Ils souffrirent dans leur chair. Matraques, boucliers, lacrymogènes, un festival. Chacun était convié, nourrissons et vieillards, militants et religieux, femmes et enfants. Les manifestants du 24 mars étaient pourtant bien assagis mais cela ne suffit guère, la haine a ses raisons… Manuel Valls s’en lave encore les mains. Excédés et catholiques pour la plupart, les participants de la « Manif pour Tous » furent triplement attaqués : méprisés par la clique hollandaise, épuisés par les manipulations médiatiques, meurtris enfin par ceux qui devaient les protéger. Ils venaient de toute la France pour investir la plus belle des avenues et on les parqua aux marches de la capitale. Ils venaient de toute la France pour se faire entendre, Christiane Taubira sommeillait au Sénégal. Ils venaient de toute la France pour donner de la voix et leurs fils furent gazés.

En ce jour des Rameaux, c’était pourtant une foule attendrie qui prétendit défendre la Famille. Chanter c’est manifester deux fois, les croyants le savent bien. La Grande Armée était rayonnante et le fit tant savoir que la préfecture de police voulut mettre fin au scandale démocratique : Trafalgar des valeurs. Déjà l’Internet catholique se peuple des vidéos prouvant l’ignominie issue des ordres du ministère de l’Intérieur : gazages inutiles, charges illicites, enfants traumatisés, personnalités politiques agressées, arrestations arbitraires. Ce sont tous les vôtres, cette immense théorie de fidèles catholiques que la préfecture de police a traité comme de sous-citoyens. Nous sommes excédés de voir la violence s’exercer sur des innocents qui prient pour ceux qui les agressent. Nous sommes excédés par le sang et le gaz qui coulèrent en chaudes larmes. Nous sommes excédés par les plaies de nos familles et l’humiliation de nos représentants, nous réclamons le respect de notre dignité humaine et de nos droits civiques, n’en déplaise aux puissants qui nous haïssent.

Harcèlement médiatique et attaques politiques

Charles de Meyer (Nouvel Arbitre)

L’évangile décrit si bien la situation actuelle : « Partez, je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups » [1]. La meute règne en effet sur un troupeau conséquent et divers. Parmi ses pratiquants des personnalités politiques : Alain Juppé à qui Benoît XVI posait problème, Cécile Duflot insultant la charité de l’Eglise en place publique, Vincent Peillon remettant en cause la dignité de l’enseignement catholique, Jean-Luc Mélenchon qui bouffe du curé dès que l’occasion s’en présente, les parlementaires socialistes dont les rires gras furent le seul accueil qu’ils octroyèrent aux représentants des cultes lors de leur audition au sujet du mariage homosexuel, sans compter les officines scandaleuses qui militent activement contre toute ouverture des politiques français à l’endroit du monde catholique. Mais les journalistes ne sont pas en reste, eux qui se gavèrent de faits-divers pédophiles pour attiser leur haine, eux qui, une heure à peine après l’élection du pape François se répandaient déjà en mensonges éhontés sur son passé, eux qui enfin refusent l’humble appel au débat et à la réflexion que leur proposent nos dogmes et nos croyances.

Dans ce climat de haine, les puissants désignent un ennemi qui mérite opprobres et rééducation. Cette jeunesse qui n’entend pas le vacarme de leurs sirènes, cette France qui communie le dimanche, cette foule des croyants : en somme ces individus rétifs à l’assimilation silencieuse des plates doctrines des nouveaux docteurs de la loi. Cette situation est révoltante à plusieurs égards. La démocratie perd toujours à refuser le dialogue et l’interpellation. La fraternité est saccagée au profit de la définition d’une humanité conforme. Le respect et la tolérance sont ramenés à l’état de bondieuseries factices. L’histoire enfin s’insurge toute entière devant ce reniement terroriste de tout ce qui fit l’identité et le prestige de la fille aînée de l’Église.

Falsification du mariage et destruction de la famille

Camille (La Table Ronde)

Ce n’est pas ici le lieu pour revenir sur les innombrables raisons qui fondent notre refus d’une loi inique et mensongère. Celles-ci font émerger une alternative simple : le législateur peut-il redéfinir la nature même de l’homme et de la famille, ou ne le peut-il pas ? D’aucun voulurent créer « l’homme nouveau » en sélectionnant par la race, d’autres par la classe sociale ; c’est aujourd’hui par le droit que cette tentation faustienne ressurgit. Et l’on voudrait nous interdire de juger en conscience ! Quand la norme et la transgression se valent, il n’y a plus ni bien ni politique, ni paix, ni ordre, ni justice ; ne restent que l’état de guerre, le mensonge et la tyrannie morale.

Au prétexte de laïcité (mariage « civil »), les catholiques se voient interdire le droit à la parole publique, le droit à la conviction et à la liberté de leur conscience. L’Église est la seule personne morale à qui l’ont dénie la légitimité d’expression : elle peut bien s’occuper de tous les miséreux du monde (surtout ceux qui indiffèrent les élites), mais bien cachée, et en silence… ou en s’alignant sur les opinions à la mode. C’est gravement méconnaître le christianisme. Qu’on le veuille ou non, la foi n’est rien si elle ne se traduit dans les actes concrets. Et, tout en étant dans le monde, le chrétien cultive l’intemporel – qui se traduit notamment par un soutien infatigable aux plus faibles et aux plus petits. Quitte à déranger. C’est ce qui le rend haïssable auprès de « ces messieurs de la libre-pensée » des castes politico-médiatiques, lesquels se font une gloire de mépriser ouvertement sa foi, de noircir son action, d’insulter ses pasteurs, de parodier ses sacrements et surtout de lui intimer le silence.

Parce qu’il s’agit de lutter et s’humilier pour notre prochain et pour le Christ, ce manifeste ne sera pas une plainte geignarde et victimaire. Mais pour cette même raison, il ne faut plus compter sur nous pour protester timidement en marge de l’espace public. C’est le rôle et le devoir de tout chrétien que de défendre le mariage face au dévoiement, l’enfant et la mère face à la dictature du désir, l’accueil face au rejet, le bien commun face aux intérêts catégoriels.

Profanation des églises : des persécutions passées sous silence

Pierre Vallinat (La Table Ronde)

La France est de très loin le pays d’Europe où l’on dénombre le plus d’actes de vandalisme et de destruction dans les églises. Pour l’année 2012, pas moins de 52 profanations ! Ce furent Châtillon-sur-Indre, la cathédrale de Lille, Notre-Dame de Paris, la chapelle de la base navale de Toulon, l’église de la Gacilly, celle d’Epiais entièrement détruite par un incendie criminel, mais également Nice, Marseille, Aurillac, Périgueux, Poitiers ou Lyon, et la liste est encore longue ! Incendies criminels, tabernacles fracturés, vols de meubles, d’ornements, d’hosties consacrées, autant d’actes intolérables que nous, catholiques, subissons dans la plus totale indifférence.

Les journaux font leurs unes de toutes les profanations de cimetières juifs ou de mosquées, et c’est bien légitime. Mais alors, pourquoi ne pas en faire autant quand il s’agit de tombes ou de lieux de cultes chrétiens ? Le 11 janvier 2013, l’église de Névache (Hautes-Alpes) était pillée. Pour le lire dans les médias non chrétiens, il fallut chercher un entrefilet dans Le Dauphiné libéré. Le 14 du même mois, les tabernacles de trois églises du Finistère étaient fracturés le même jour : on attend encore une réaction du ministère de l’Intérieur… Nous en avons assez.

Assez que l’on puisse vandaliser et détruire nos églises dans l’indifférence totale des médias et des politiques. Assez que les auteurs soient considérés comme des « déséquilibrés », alors que pour toute autre religion on parle d’extrémistes politiques ou de fanatiques religieux. Oui, il y a en France des personnes hostiles à notre foi et à ses fidèles. Nous ne voulons plus de cette gestion à deux vitesses du problème de la haine antireligieuse en France. Profaner une église est tout aussi grave et répréhensible que peindre des croix gammées sur une tombe juive ! La République laïque doit garantir le libre exercice de tous les cultes et la sécurité de tous les citoyens. Cela inclut les catholiques.

Une école contre nos valeurs

Pierre Vallinat (La Table Ronde)

La « refondation de l’école républicaine », souhaitée et conduite par le ministre Vincent Peillon, promoteur tristement célèbre de la dépénalisation du cannabis, est une réforme fondamentalement antichrétienne – plus généralement antireligieuse – et totalitaire, à peine parée du vernis de la technicité. Les aberrations pédagogiques dont il n’est pas difficile de prédire la plus totale innocuité sur l’état catastrophique de notre système éducatif (enseignement d’une langue étrangère dès le CP, suppression du redoublement, etc.) et la gabegie financière de l’équipement numérique ne sont que l’enrobage des piliers idéologiques de ce projet de loi : enseignement de la théorie du genre, scolarisation précoce et occupation du temps dit « périscolaire » pour limiter l’influence des parents, éducation à l’inquiétante « morale laïque »… le tout complété par les opérations de propagande ourdies, entre autres, par la libertaire Najat Vallaud-Belkacem, telle la promotion dans les classes de l’obscène « Ligne Azur ».

Nous le redisons, cette réforme est profondément antichrétienne ! Elle vise à détruire les fondamentaux anthropologiques et sociaux de notre pays, que sont la différenciation des sexes, la recherche de l’harmonie dans la différence des personnes et non l’éradication de ces différences, et la famille, une fois de plus. Vincent Peillon ne s’en est d’ailleurs pas caché : il veut « arracher » nos enfants aux « déterminismes » de leur éducation. Nous ne voulons pas de cette école-là ! L’école n’est pas là pour arracher quoi que ce soit, elle n’est pas faite pour prendre en charge l’éducation des enfants à la place des parents. La seule mission valable de l’école est l’instruction dans le but de préparer les élèves à l’exercice plein et lucide de leur liberté. L’école de M. Peillon, ce sont les jeunesses staliniennes !

Pourquoi la société gagnerait à nous respecter

Bago (Le Rouge & le Noir)

Notre époque est triste car elle perd la foi en l’Amour, elle le réduit à des considérations psychologiques, à des attitudes sentimentales, ou à des mouvements de phéromones. Pourtant, ni ses vices – toujours l’avoir, le plaisir, et le pouvoir ; ni même ses petites espérances – si nobles soient elles – ne suffisent à vivre pleinement. L’Église, experte en humanité, demeure le roc solide sur lequel nous pourrons toujours nous appuyer si faible soyons-nous, car nous protéger est sa vocation. Ne pas la respecter est suicidaire. À temps et à contre-temps, l’Église donne un sens aux consommateurs, une couronne aux pauvres, et un corps aux dépravés. Elle garde les repères aux enfants du divorce, elle défend la fidélité pour les familles ébranlées, elle prône la pureté devant l’utilitarisme « amical ».

L’Église est garante de la culture humaine, née, comme le rappelait notre Pape émérite, « de la rencontre entre la Révélation de Dieu et l’existence humaine ». Et puis, elle soutient la beauté et la vérité, console les affligés, secourt les humbles, dispense la joie, fournit une communauté, propose la confiance… Sans l’Église, sans son effort bimillénaire, sans ses saints et ses docteurs, la définition paulinienne de la Charité (1Co, 13) aurait été oubliée.

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